Mais ce terme est péjoratif : il comporte l'idée d'une décadence du point de vue moral. Mais on en est venu à se demander si la volonté elle-même est libre. Il se reconnaît donc comme responsable des conséquences de ses actes. Cette forme de liberté est supérieure à la liberté naturelle, c'est-à-dire la possibilité de faire tout ce que l'on veut, car elle trouve son origine dans la raison et renforce l'autonomie morale, la responsabilité de l'individu, plutôt que son désir. Malgré un certain nombre de contraintes, il peut exercer sa liberté politique au sein de l'État. Au niveau politique, l'autonomie s'exprime dans le fait que chacun participe à l'élaboration des lois. L'histoire d'Œdipe, dans la tragédie de Sophocle, illustre bien le fatalisme. Dans Les Caves du Vatican de Gide, le personnage principal, Lafcadio, décide pour prouver sa liberté de tuer sans motif un vieillard qu'il rencontre dans un train. Se retrouver entravé à cause de quelque chose que l'on reconnaît comme indépendant de notre volonté n'entache en rien notre liberté. Bernard Pautrat, Paris, éd. L'indépendance, ou liberté stoïcienne, permet de penser une liberté intérieure indépendante du monde extérieur. En société, il arrive qu'un être humain ne soit pas libre. La liberté consiste alors à respecter ces lois décidées ensemble. Descartes s'inscrit dans cette pensée : il estime que tout ce qui découle de la volonté est un choix libre, un acte libre. L'acte gratuit serait donc cet acte réalisé dans le seul but de prouver notre liberté. La liberté serait donc l'indépendance de l'esprit face au monde extérieur. L'homme est comme une pierre qui tombe : il se croit libre uniquement parce qu'il a conscience de son mouvement, sans avoir conscience des causes qui le poussent à suivre un tel mouvement. Elle s'incarne alors dans la démocratie, par le fait que chacun participe à l'élaboration des lois. Pour Hobbes, la liberté n'est que la liberté de mouvement. Pour reprendre l'exemple du personnage de Lafcadio dans Les Caves du Vatican (Lafcadio commet un meurtre sans motivation connue de lui, pour se prouver qu'il en est capable) on peut montrer qu'il ignore le motif qui le pousse à agir : la volonté d'agir sans motif. Méditations métaphysiques, dans Œuvres de Descartes, texte établi par Victor Cousin, éd. La liberté serait donc l'expression du libre arbitre, s'incarnant dans des choix dont le plus emblématique serait l'acte libre, c'est-à-dire l'expression de notre personnalité. Mais toutes ces tentatives pour changer sa destinée ne font que précipiter la réalisation de la prophétie de l'oracle. C'est le cœur de la liberté politique : en obéissant à la volonté générale, chaque citoyen n'obéit qu'à lui-même. C'est pourquoi l'existence est première par rapport à l'essence, c'est-à-dire à la nature de l'homme, qui n'est que le résultat de ce qu'il fait de sa vie. À première vue, il semble que la loi, qui impose des droits et des devoirs, soit une entrave à la liberté individuelle. Ce n'est pas parce que l'on ignore les motifs qui poussent un individu à agir que son action est pour autant dénuée de tout motif. Si la liberté est la capacité de se déterminer entièrement à agir, cette capacité ne rencontre-t-elle pas comme obstacle la liberté des autres individus ? Croire au destin, c'est croire au fait que tous les événements sont « écrits » à l'avance. Enfin, l'homme vivant en collectivité, il est possible de se demander si la liberté n'est pas de fait toujours restreinte par l'existence des lois. On peut toutefois se demander comment un homme qui n'est pas libre dans la société peut exercer sa liberté. Si l'on considère que la liberté est la possibilité d'agir selon la loi, c'est parce que les lois sont en fait la condition de la liberté collective. Il existe plusieurs explications à ce constat. La solution stoïcienne permet de penser une liberté intérieure indépendante du monde extérieur. ». La liberté est donc essentielle pour fonder la responsabilité morale et pénale. ». Hors de la société civile, personne n'est assuré de jouir des fruits de son industrie ; dans une société civile, tous le sont. 19 Nov 2008 par Simone MANON On définit communément la liberté de manière négative. La liberté n'est alors qu'une illusion, car l'homme est en fait le jouet des dieux. Philippe Crignon, Paris, éd. C'est ce qu'imagine Spinoza. Être libre, selon les stoïciens, reviendrait en fait à distinguer ce qui dépend de nous ou non. ». Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution. Thomas Hobbes défend cette idée que les lois rendent possible l'exercice de la liberté. L'autonomie peut se comprendre à deux niveaux : Au niveau moral, l'autonomie signifie que l'homme peut par lui-même saisir ce qu'il doit faire : il lui suffit de faire usage de sa raison pour comprendre ce qu'il doit faire. Ce travail permet une meilleure connaissance de soi, ce qui a pour conséquence une meilleure maîtrise de soi et donc une plus grande liberté. « D'après le sens propre (et généralement admis) du mot, un HOMME LIBRE est celui qui, s'agissant des choses que sa force et son intelligence lui permettent de faire, n'est pas empêché de faire celles qu'il a la volonté de faire. Essai sur les données immédiates de la conscience, Paris, éd. C'est en apprenant à faire cette distinction qu'ils apprendront à être libres, indépendamment des circonstances extérieures. Fondements de la métaphysique des mœurs, (Grundlegung zur Metaphysik der Sitten), trad. Il n'a pas besoin de se référer à une instance extérieure à lui, il ne reçoit pas les règles de quelqu'un d'autre. Cette indifférence que je sens, lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté, et fait plutôt apparaître un défaut dans la connaissance, qu'une perfection dans la volonté ; car si je connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire ; et ainsi je serais entièrement libre, sans jamais être indifférent. « La raison pure est pratique par elle seule et donne à l'homme une loi universelle que nous nommons la loi morale. Elle s'incarne alors dans la démocratie, par le fait que chacun participe à l'élaboration des lois. Un grand problème philosophique est de savoir si la liberté de lhomme est absolue ou bien alors seulement relative. Le libre arbitre est la capacité pour un individu de choisir ses actes sans y être contraint par aucune force extérieure. On peut d'abord souligner une évidence de la liberté : chacun fait l'expérience de sa propre liberté. « Hors de l'état civil, chacun jouit sans doute d'une liberté entière, mais stérile ; car, s'il a la liberté de faire tout ce qu'il lui plaît, il est en revanche, puisque les autres ont la même liberté, exposé à subir tout ce qu'il leur plaît. On ne trouve enfin hors de la société civile que l'empire des passions, la guerre, la crainte, la pauvreté, la laideur, la solitude, la barbarie, l'ignorance et la férocité ; dans une société civile, on voit, sous l'empire de la raison, régner la paix, la sécurité, l'abondance, la beauté, la sociabilité, la politesse, le savoir et la bienveillance. L'histoire d'Œdipe, dans la tragédie de Sophocle, illustre bien le fatalisme. L'existentialisme est un humanisme, Paris, Éditions Nagel, coll. C'est pourquoi l'existence est première par rapport à l'essence, c'est-à-dire à la nature de l'homme, qui n'est que le résultat de ce qu'il fait de sa vie. En général on pense qu’on peut nous ôter la liberté de choix et d’action / mouvement, mais qu’on ne peut pas nous ôter la liberté de penser, d’où image du prisonnier dans son cachot qui s’évade par la pensée. On pourrait par ailleurs remarquer que l'homme se croit libre alors qu'il est déterminé par des causes qu'il ignore : la liberté pourrait-elle être illusoire ? La liberté a d'abord été conçue dans le domaine de l'action et de la politique. La seule forme légitime de l'obéissance à la loi est donc que chaque citoyen en soit en partie l'auteur. Un autre élément est déterminant pour penser l'exercice de la liberté en communauté : c'est la question de la responsabilité. Ainsi, dans Le Manuel, Épictète entend apprendre aux hommes à discerner ce qui dépend d'eux de ce sur quoi ils ne peuvent pas agir. Pouvoir agir sans motivation extérieure serait une preuve de la liberté humaine. Cet impératif repose sur une logique simple : le sujet doit se demander s'il souhaite que le principe de son action (ou la maxime de son action) devienne une loi universelle. Bergson admet que l'extérieur a des conséquences sur l'être humain, mais pour lui, l'individu consent à cette influence, il ne la subit pas. On parle ainsi du « grand livre » du destin. S'agit-il d'un pur exercice du choix, ou bien de choix réalisés en connaissance de cause ? Pour lui, l'acte libre exprime quelque chose de plus profond : la personnalité entière de celui qui agit. C'est ce que souligne le philosophe Baruch Spinoza dans l'Éthique. Alors que l'animal est purement narcissique (il agit selon ses intérêts ou au mieux selon ceux de sa famille, qu'il protège instinctivement), l'homme est capable d'avoir des activités « désintéressées », dans tous les sens du terme. Parce que l'être humain est libre de choisir et d'agir, il est responsable. GF Flammarion (2010). Ainsi nous n'avons ni derrière nous, ni devant nous, dans le domaine lumineux des valeurs, des justifications ou des excuses. Il faudrait voir que sans loi, il est impossible de parler de liberté, sinon avec le risque de confondre la liberté et la licence, c'est-à-dire la capacité de faire tout ce que l'on veut sans rencontrer de limites. En effet, si l'homme est soumis au déterminisme, cela veut dire que ses actions ne sont que les effets de causes dont il est le plus souvent inconscient. L'être humain vit en société. N’est-ce pas une opposition à la thèse du libre arbitre ? Pourtant, cette opinion ne semble pas tenable. Être libre serait alors la condition naturelle de l'homme, et la société la marque de son esclavage. Socrate, vie et mort d'un philosophe (55 mn) Le procès de Socrate et sa condamnation à mort par la Cité athénienne forment l’un des événements les plus marquants de l’histoire occidentale. Hors de la société civile, tout homme peut être dépouillé et tué par n'importe quel autre. En effet, si la liberté est la capacité de se déterminer entièrement à agir, cette capacité ne rencontre-t-elle pas comme obstacle la liberté des autres individus ? Le déterminisme au sens ordinaire est une conception selon laquelle tout arrive en vertu d'une chaîne de causes et d'effets. C'est là un concept de liberté qui a le mérite d'être clair et facile à comprendre. Comme Spinoza, Bergson pense que tout acte qui échappe à une cause extérieure est libre. Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. Comprenez-vous ? Mais la liberté peut également se définir comme faculté morale, psychologique et métaphysique, c'est-à-dire faculté subjective, intérieure à l'âme ou à l'esprit, qui permet à tout être humain d'agir ou de penser par lui-même quelles que soient ses conditions d'existence, notamment sociales, juridiques et politiques. Hors de la société civile, chacun a droit sur toutes choses, si bien qu'il ne peut néanmoins jouir d'aucune. Dans Les Caves du Vatican de Gide, le personnage principal, Lafcadio, décide pour prouver sa liberté de tuer sans motif un vieillard qu'il rencontre dans un train. L'être humain s'exprime ainsi pleinement dans ses actes. – « Liberté, égalité, fraternité » : la devise de la République proclame trois valeurs dont l’association, en fait, ne va pas forcément de soi. Pourquoi Athènes, cité de la libre parole et de la démocratie, a-t-elle mis à mort le "père" de la philosophie ? L'être humain a donc le choix. Seuil, coll. Il n’y a pas de destin sans liberté. Flux pour Articles Commentaires « Liberté et obligation. En effet, ce sont les lois qui encadrent et rendent possible la coexistence d'une pluralité de libertés individuelles. C'est ce que souligne le philosophe Baruch Spinoza dans l'Éthique. Peut-on considérer, de mani&egra L'autonomie, c'est le fait de se donner à soi-même sa propre loi, ou de trouver en soi-même sa propre loi, à l'aide de la raison. Dans ce type de situation, l'usage qu'un individu fait de sa liberté est réduit, car exercer pleinement sa liberté, c'est au contraire faire un choix justifié. Étymologiquement, l'homme libre s'oppose au serf, à l'esclave. Il explique que l'homme se croit libre car il ignore les causes qui le déterminent dans ses actions et ses désirs. Une liberté infinie annihilerait la liberté. Une esquisse, de Claude Romano, vient de paraître aux éditions Hermann (100 p., 14 €). Il existe un certain nombre d'obstacles qui entravent la liberté ainsi définie. On parle ainsi du "grand livre" du destin. Le niveau moral : c'est la liberté comprise dans un contexte politique et social. Il s'agit alors de la liberté de faire, et l'homme libre s'oppose au prisonnier ou à l'esclave. Si l'on peut ainsi prouver notre liberté, on peut néanmoins s'interroger sur la valeur d'une telle forme de liberté. Dans ce cas, il s'oppose à la liberté. En effet, c'est parce que sa liberté est entière que l'homme ne peut justifier ses manquements à la morale. La question que pose cette idée de destin est de savoir si l'homme doit se résigner à tout accepter, et n'avoir aucun pouvoir sur sa vie. André Gide appelle ce type d'acte un « acte gratuit », c'est-à-dire désintéressé, non pas au sens moral du mot, mais parce que cet acte n'est dicté par aucun intérêt défini et n'a pas de motivation. Chaque homme peut donc trouver en lui l'énoncé de la loi morale, en faisant usage de sa raison. Définir la liberté comme possibilité de réaliser un acte gratuit pose d'abord un problème moral : quelle valeur accorder à une liberté qui, pour s'éprouver, transgresse toutes formes de règles ? La liberté est une notion très vaste qui comporte plusieurs dimensions (intérieure et extérieure ; psychologique, politique, morale ou sociale) qui se recoupent plus ou moins bien. La liberté est d’abord une notion métaphysique : l’homme est-il libre ou déterminé par des contraintes qu’il ne maîtrise pas ? Autrement dit, la liberté correspond au fait de ne pas être empêché de faire une chose que l'on a le pouvoir de faire. Ainsi comprise, la liberté est donc cette capacité à exprimer dans un acte toute sa personnalité, c'est-à-dire ce que l'on est le plus profondément. Car la liberté pouvant être guidée par la raison est parfois envahie par l’émotion qui prend le dessus sur l’homme ! Comprenez-vous ? La liberté consiste alors à respecter ces lois décidées ensemble. Nous sommes seuls, sans excuses. On peut penser une autre forme de liberté, consciente des déterminismes et caractérisée par une recherche d'adhésion avec soi-même. La liberté est donc essentielle pour fonder la responsabilité morale et pénale. […] Si donc on écarte du pacte social ce qui n'est pas de son essence, on trouvera qu'il se réduit aux termes suivants : chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. En philosophie, deux positions philosophiques rejettent l'idée de liberté humaine : le déterminisme et le fatalisme. L'homme libre est en accord avec lui-même et sait ce qu'il veut, par opposition à l'homme aliéné qui ne sait pas ce qu'il veut et ne se reconnaît pas dans ses actes. Pour Emmanuel Kant, l'homme trouve en lui une idée immédiate de la loi morale grâce à un certain usage de sa raison. Un autre courant de pensée qui peut s'opposer à la liberté est le fatalisme. Croire au destin, c'est croire au fait que tous les événements sont "écrits" à l'avance. Finalement, les lois sont la condition nécessaire à la vie en société, et la liberté de l'homme se trouve renforcée par le cadre fixé par les lois. Cependant, il ne faut pas en rester au constat de l'existence de ces déterminismes. L'autonomie, c'est le fait de se donner à soi-même sa propre loi, ou de trouver en soi-même sa propre loi, à l'aide de la raison. La sécurité est la condition de la liberté : comment être libre si l'on ne peut pas sortir de chez soi sans risquer sa vie ? Car liberté et égalité doivent se concilier, alors que la liberté … En effet, dire que l'homme est libre, même si cette liberté s'exerce dans le cadre d'un État régi par des lois, signifie qu'il est tenu pour responsable de ses actes. Cette loi est nécessaire : chaque fois que de l'eau est chauffée à 99,98 °C, elle bout. En effet, les lois ne font-elles pas plus que donner un cadre à la liberté ? Épictète, par ces conseils, entend apprendre aux hommes à discerner ce qui dépend d'eux de ce sur quoi ils ne peuvent pas agir. Déterminisme Le déterminisme est une conception selon laquelle tout arrive en vertu d'une chaîne de causes et d'effets, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets. Le niveau physique : c'est la liberté comprise comme absence de contrainte physique. Enfin, l'homme vivant en collectivité, il est possible de se demander si la liberté n'est pas de fait toujours restreinte par l'existence des lois. Dans une société civile, il ne peut plus l'être que par un seul. "Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'avant ?" Non mais gratuit, un acte qui n'est motivé par rien. Retrouve Alfa dans l'app, sur le site, dans ta boîte mails ou sur les Réseaux Sociaux. Pour comprendre cette conception, il faut en premier lieu insister sur le fait que Sartre pense que l'homme est un être indéterminé. Dans certaines sociétés ou certaines conditions, certains êtres humains sont soumis aux conditions extérieures. Il faut donc interroger ce pouvoir de choix comme liberté. On parle alors de libre arbitre. Mais l'autonomie peut aussi se penser au niveau politique. La-Philosophie.com aide les élèves de terminales dans la préparation du bac, les élèves de classes prépa dans celle de leur concours, ceux de fac dans leurs recherches, et enfin tous les curieux de sciences humaines à étancher leur soif de savoir. Si l'eau est chauffée à 99,98 °C, elle entre en ébullition. C'est saint Augustin qui parle le premier de libre arbitre, qui serait selon lui un don de Dieu. Léviathan, Paris, éd. L'homme aurait ainsi une entière liberté de penser et de vouloir. Toutefois, si la liberté s'éprouve comme choix, plus les motifs qui conduisent à prendre une décision seront grands, plus la liberté elle-même le sera. Alors que l'animal est purement narcissique (il agit selon ses intérêts ou au mieux selon ceux de sa famille, qu'il protège instinctivement), l'homme est capable d'avoir des activités "désintéressées" en tous les sens du mot.. J'ai longtemps pensé que c'est là ce qui distingue l'homme des animaux, une action gratuite. C'est pourquoi Spinoza énonce que "l'homme n'est pas un empire dans un empire" : l'homme appartient à la nature et il ne peut pas s'extraire de cet ordre. « Bref, nous sommes libres quand nos actes émanent de notre personnalité entière, quand ils l'expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable ressemblance qu'on trouve parfois entre l'œuvre et l'artiste. On peut se demander jusqu'à quel point on en est responsable. La liberté reposerait alors sur l'idée de ne pas être empêché de faire quelque chose, de ne pas être entravé dans sa liberté de mouvement, dans la réalisation d'une action. Du contrat social, Paris, éd. Cours de philosophie. La liberté est une notion clé en philosophie, au programme de terminale. À l'inverse, si l'on veut comprendre la liberté comme ce qui détermine l'homme et le rend responsable de ce qu'il est et de ce qu'il fait, il faut alors penser la liberté comme respect de la loi que l'on s'est donnée. Mais le déterminisme peut aussi être social ou psychologique. Ainsi, seule la liberté permettra de choisir entre le bien et le mal. Il n'y a donc pas d'autre … Les moyens par lesquels l'homme exerce sa liberté individuelle, Les moyens par lesquels l'homme exerce sa liberté en société, Exercice fondamental : La liberté chez Descartes, Exercice fondamental : La critique du libre arbitre par Spinoza, Exercice fondamental : Sartre et la liberté, Exercice fondamental : La liberté vue par les stoïciens. Il faut donc connaître à la fois les lois de la nature, qui conditionnent l'action, et les lois de la nature de l'homme, qui conditionnent les raisons qui le poussent à agir de telle ou telle façon. Pour Sigmund Freud, la pensée est déterminée par l'inconscient qui résulte par exemple, sous l'effet du refoulement, de troubles connus durant l'enfance. Être libre, selon les stoïciens, reviendrait en fait à distinguer ce qui dépend de nous ou non. L'homme décide seul de ses actions, avec son propre entendement. Si tu crois soumis à ta volonté ce qui est, par nature, esclave d'autrui, si tu crois que dépende de toi ce qui dépend d'un autre, tu te sentiras entravé, tu gémiras, tu auras l'âme inquiète, tu t'en prendras aux dieux et aux hommes. Mais surtout, une telle définition de la liberté n'est peut-être pas juste. La liberté n'est alors qu'une illusion, car l'homme est en fait le jouet des dieux. La liberté consiste alors à respecter ces lois décidées ensemble. Le déterminisme peut aussi être social ou psychologique : les actions de l'être humain ne sont que les effets de causes dont il est le plus souvent inconscient. Ce n'est pas parce que l'on ignore les motifs qui poussent un individu à agir que son action est pour autant dénuée de tout motif. Tous les hommes ne sont pas libres. Ainsi, être libre signifie ne pas être soumis à une volonté autre, ni à une contrainte extérieure. Il faut connaître à la fois les lois de la nature, qui conditionnent l'action, et les lois de la nature de l'homme, qui conditionnent les raisons qui le poussent à agir de telle ou telle façon. Mais, une fois la société civile constituée, chaque citoyen ne conserve qu'autant de liberté qu'il lui en faut pour vivre bien et vivre en paix, de même les autres perdent de leur liberté juste ce qu'il faut pour qu'ils ne soient plus à redouter. Il t'accompagne tout au long de ton parcours scolaire, pour t'aider à progresser, te motiver et répondre à tes questions. L'impératif catégorique indique à l'homme ce qui doit être fait inconditionnellement et sans autre justification. Besoin de plus de renseignements sur l'abonnement ou les contenus ? Ce qui définit l'homme, c'est d'abord le fait d'exister. Des philosophes comme saint Augustin ou Descartes estiment que l'être humain est doué d'un libre arbitre, il a le pouvoir de décider seul de ses actions : rien ne peut contraindre cette volonté. Contrairement aux animaux, l'homme possède la capacité de choisir. Il n'y a donc pas d'autre nature humaine que le fait d'exister et de pouvoir librement choisir sa vie. La liberté peut être définie de plusieurs points de vue, même si en philosophie l'on a tendance à définir cette notion sous l'angle de la morale. Le Livre de Poche (1993). Du citoyen, (De Cive), trad. ». Pouvoir agir sans motivation extérieure serait une preuve de la liberté humaine. La conception commune de la liberté selon laquelle l'homme est libre de faire ce qu'il veut est erronée. 1 2 Suivante › Dernière » Dire non, cela suffit-il à être libre ? Gallimard, Gérard Mairet (2000). Pourtant, il est difficile de définir précisément cette liberté. Dans des sociétés qui priveraient l'être humain de sa liberté, l'être humain peut toujours exercer son indépendance ou son autonomie. Dans la mesure où l'homme vit en société, il importe de se poser la question de l'exercice de sa liberté au milieu de ses semblables. La liberté humaine reste aussi limiter devant les situations limites ! Pour Descartes, la liberté d'indifférence est le plus bas degré de la liberté car le choix n'est motivé par aucune raison réfléchie. Si l'on considère que la liberté est la possibilité d'agir selon la loi, c'est parce que les lois sont en fait la condition de la liberté collective. Éthique, (Ethica), trad. Le fatalisme est la croyance selon laquelle tous les événements sont déterminés à l'avance : c'est ce qu'on appelle le « destin ». Préparez vous pour l' epreuve de Philosophie du Bac Hôtellerie 2009 avec l' annale : Loi et liberté qui vous permettra de vous entrainer pour le jour de votre examen La faiblesse de cette conception est qu'elle tend à accentuer la "liberté de penser" au détriment de la "liberté d'agir". Ainsi, se soumettre à la loi d'un pays est en même temps se soumettre à la loi que l'on s'est donnée. Il t'accompagne tout au long de ton parcours scolaire, pour t'aider à progresser, te motiver et répondre à tes questions. Jean-Jacques Rousseau a pensé les termes de cette liberté rendue possible par les lois, grâce au concept de volonté générale. C'est ainsi que la définit Thomas Hobbes dans le Léviathan. "Pensées". C'est donc lorsque ses choix sont accompagnés de la connaissance du bien ou de la vérité que l'homme fait un plus grand usage de la liberté. C'est le cas des esclaves. L'existentialisme de Jean-Paul Sartre est probablement la philosophie qui défend la conception de la responsabilité la plus radicale. La liberté ne s’oppose plus au déterminisme tragique, car la liberté se fait elle-même déterminisme. La seule forme légitime de l'obéissance à la loi est donc que chaque citoyen en soit en partie l'auteur. Pour Hobbes, la liberté n'est que la liberté de mouvement. Au niveau moral, l'autonomie consiste à respecter la loi morale. André Gide appelle ce type d'acte un "acte gratuit", c'est-à-dire désintéressé, non pas au sens moral du mot, mais parce que cet acte n'est dicté par aucun intérêt défini et n'a pas de motivation . Ainsi, se soumettre à la loi d'un pays est en même temps se soumettre à la loi que l'on s'est donnée.